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Marathon de Paris 2006

Allongé dans une chambre d'hôpital, j'attends ma première séance de chimio. Il y a un autre patient avec moi, il dormira toute la journée, aucune parole n'est possible : son état ne le permet pas. Tout s'est enchainé très vite en l'espace de 15 jours. Mes courbatures du marathon de Paris ne m'ont pas facilité la tâche. Des rayons au cou étaient prévus pour combattre ma maladie. Puis changement de programme : cou + thorax. Et enfin pour finir, changement à nouveau : ça sera de la chimio.
C'est un marathon qui dure : ça fait 2 ans et demi que je me bats avec cette foutue maladie. La ligne d'arrivée de la guérison est sans cesse repoussée, mais je sais que je la franchirai un jour, tout comme celle que j'ai franchie il y a 15 jours à peine à Paris, en levant les bras avec un chrono de 3h13'45s et une superbe place de 3788ème sur les 36000 annoncés.
Le moral d'acier que je me suis forgé en entrant dans le monde des marathoniens ne me fera jamais baisser les bras.
Mais revenons sur ce super week-end du 9 avril. J'ai trouvé sur internet un petit hôtel à 2 pas du départ. pas de stress inutile pour se rendre sur les Champs Elysées, 15 minutes de marche à peine. Nous sommes prêts mon frère et moi pour affronter les 42 km. Mon entrainement a été bien géré : 1 semi réalisé en 1h33 un mois auparavant sans trop forcer et une alimentation efficace tout au long de ma préparation. Le temps est idéal aujourd'hui, positionné dans le sas des 3'15, j'attends l'avalanche des 36000 coureurs qui vont défiler dans la capitale. Mon frère est dans le sas des 3h30, on est séparés, chacun va faire sa course. L'émotion monte quand tous les coureurs entament le chant d'anniversaire du marathon : 30 ans déjà quelle fête ! J'ôte mes derniers doutes qui me trottent dans la tête. Je suis prêt. Toutes ces séances d'entrainement que j'ai réalisées par tous les temps vont porter leurs fruits aujourd'hui. Coup de feu c'est parti ! Les hélicoptères de la télévision sont déjà en action depuis longtemps. Tous les coureurs font un signe en passant devant les caméras qui sont positionnées au départ. 4 minutes et 30 secondes par km, un temps final vers 3h10. Pas le temps de faire la causette, concentration maximum, je déroule ma foulée comme à l'entrainement. Jusqu'au 30ème km, il ne devrait pas y avoir de surprise. Ravitaillement tous les 5 km, de l'eau et la moitié d'un sucre. Je prendrai un gel énergétique au semi puis au 35ème km. Les animations et la foule à certains endroits portent les coureurs dans leurs efforts. Je passe le fameux mur, c'est plus psychologique dans ma tête car je suis pile dans les temps. Une légère fatigue mais sans plus. Je ne regarde plus ma montre, je cours à la sensation. Je sens que je perds de la vitesse mais je tiens bon. Aux alentours du 36ème km, la meneuse d'allure des 3h15 arrive à mes côtés. J'en prends un coup au moral car je sens que je ne peux pas aller plus vite. Mais je sais que si je la suis, mon record peut être battu, mais je dis adieu à mes 3h10. Je décide de ne plus la lacher (c'est plus agréable de suivre une femme qu'un homme...). Je n'en reviens pas de la facilité et avec quelle aisance elle court. Elle parle tranquillement et pousse le groupe à ne pas décrocher. Plus personne ne parle, on souffre en silence. J'ai un peu d'avance sur elle par rapport au départ, mon record peut être battu. Je ne vois plus qu'elle avec son ballon jaune dans le dos. Coûte que coûte, je ne la lacherai plus. Je vois au loin derrière moi d'autres meneurs d'allure. Les matchos auront peut-être préféré être mené par des hommes. C'est la première fois apparemment à Paris qu'une femme est meneuse d'allure pour les 3h15, chapeau madame et quelle classe (il y a plusieurs meneurs d'allure par catégorie). Elle m'emmènera jusqu'au bout, elle me lache à 500m de l'arrivée car elle a accéléré. Je suis à fond, je termine avec les 2 autres meneurs d'allure qui demandent une ovation au public pour nous encourager de notre exploit.
Je termine en 3h13 et 45 secondes : nouveau record, avec une fatigue très acceptable par rapport à mes autres marathons. 6 minutes de gagnées en 2 ans sur le même parcours.
Merci Paris.

coursapied
25/02/06